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Honoré Philippe, Les grands progrès de Cernex au début du siècle

Ce siècle que j'ai traversé m'a permis de connaître de grands progrès.

 

LES AUTOS

Les premières automobiles ont fait leur apparition vers 1906­190ï. Le premier à avoir obtenu son" Brevet de conduite automobile" comme on disait alors, était Victor Bretton, dit "Titor". Il était très fier de le montrer. C'est lui qui a appris à conduire à notre bon vieux docteur Bouchet de Cruseilles ainsi qu'au vétérinaire Marquet; ensuite il a été choisi pour être chauffeur du Préfet de Haute-Savoie ce dont il était très fier, car il était un des premiers dans le département à avoir eu son brevet de conduite automobile.

Les autos avaient comme avertisseur une poire en caoutchouc se terminant par un petit pavillon. En pressant la poire placée à côté du volant, on obtenait un beuglement qui faisait fuir les "polailles" et bien souvent elles y laissaient quelques plumes, ce qui ne déplaisait pas aux paysannes, les volailles ne manquaient pas, c'était un bon repas d'assuré.

A Cernex les personnes les plus aisées avaient leur voiture: le boulanger Veyrat, c'était indispensable pour ses tournées. Ensuite Trottet l'épicier et le boulanger François Duparc, Paul Christin, René Dusonchet, Louis Vigne. Tous ces commerçants étaient volontaires pour conduire les personnes qui avaient besoin de se déplacer. Par la suite la voiture s'est généralisée dans les campagnes à la satisfaction de tous.

L'ARRIVÉE DE L'ÉLECTRICITÉ AU VILLAGE

Le premier éclairage était le "croésu" qui était composé d'un petit récipient ovale en cuivre se contournant par un crochet que l'on suspendait à un fil de fer au plafond. Ce récipient pouvait contenir environ un petit verre d'huile de noix de fabrication locale. Pour alimenter cette lampe rudimentaire, on coupait un demi centimètre environ du sommet d'un bouchon de liège, on perçait un petit trou au milieu où on introduisait une petite mèche le traversant. On posait ce support en liège qui surnageait sur l'huile, il n'y avait plus qu'à mettre le feu à la mèche. La flamme n'était pas très brillante mais d'une grande économie. Aujourd'hui ces fameux croésu se trouvent dans les brocantes.

Par la suite les lampes et lanternes à pétrole sont arrivées.

C'est grâce à la proximité du château des Avenières et à l'électrification de celui-ci que les communes voisines comme la nôtre purent profiter des bienfaits de l'électricité en 1924 ou25.

La fée électricité est arrivée de Chosal sur des poteaux en bois jusqu'au transformateur de Cernex. L'entreprise ayant soumissionné ces travaux passait dans chaque ferme pour connaître le nombre de lampes que chaque propriétaire désirait.

De la grande ligne on branchait le courant sur un transformateur pour faire les installations dans les fermes. Quel émerveillement pour les vieux qui n'avaient jamais été éclairés que par des lampes à huile ou à pétrole. Ils s'y sont bien vite adaptés ne regrettant nullement le passé. Leur travail quotidien fut facilité avec les moteurs.

LE CHASSE-NEIGE

On ouvrait les chemins avec un grand triangle tiré par quatre chevaux, depuis chez Poncet jusqu'à La Motte et Charly.

Plus tard les Ponts et Chaussées passaient avec un petit camion avec nos vieux cantonniers Léon Excoffier puis Camille Mégevand qui lançaient des gravillons à la pelle sur la route après le passage du triangle. Il n'y avait pas de sel à ce moment là et peu de voitures.

Aujourd'hui ce sont des mastodontes qui déneigent. Vive le progrès.

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Traité et publié le 4 février 2005 par Michel Weinstoerffer