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Honoré Philippe,  FÊTE  DU 14 JUILLET AU DÉBUT DU SIÈCLE

FÊTE  DU 14 JUILLET AU DÉBUT DU SIÈCLE


Je suis né le 14 juillet 1902. Ce jour de la commémoration de la prise de la Bastille était l'occasion d'une fête particulière dans toutes les communes de France. L'événement était marqué par des tirs de salves de boîtes. Ces boîtes se composaient d'un mortier en acier d'une hauteur de 25 cm et d'un diamètre de 10 cm environ, percé au sommet d'un trou de cinq centimètres de diamètre par lequel on enfilait une poignée de poudre suivie d'une bourre de papier. Une poignée de sable fin et sec isolait la poudre du papier.

Ensuite on cognait le tout avec un bouffon en chêne et un maillet en bois pour durcir la charge. Plus la charge était dure, plus la détonation était forte. Pour la mise à feu de ces "engins", un brasero était allumé en permanence dans lequel était plongée une longue

perche de métal avec un manche en bois. Le fer rougi permettait . d'allumer la boîte. Quand tout le tir était épuisé, on pouvait recommencer en prenant soin de laisser refroidir les boîtes. En attendant on allait se saouler en chantant la Marseillaise.

Ces boîtes avaient été distribuées dans toutes les communes du pays, au prorata du nombre de conseillers municipaux, depuis l'instauration de la fête nationale. A cette époque, Cernex en comptait onze. On tirait onze coups à la fois mais plusieurs fois dans la journée. Dans les villes on tirait le canon.

A sept heures du matin la première salve était tirée dans toutes les communes de France. Le chargement était fait par le garde champêtre, aidé par les pompiers dont c'était la fête également chaque 14 juillet.

Je suis venu au monde à sept heures du matin, au moment même où fut tirée la première salve de boîtes. Les boîtes étaient échelonnées le long de la route à 150 mètres de notre maison. Ma mère m'a raconté qu'à chaque détonation elle tressautait dans son lit.

Je me suis toujours demandé si on avait tiré les boîtes pour ma naissance ou pour l'anniversaire de la prise de la Bastille! ! !

J’ai toujours été républicain.
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Traité et publié le 4 février 2005 par Michel Weinstoerffer